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La mandoline

 
Cet instrument trouve ses origines dès le XVème siècle dans l’évolution de la guiterne médiévale et de la mandore française. La mandoline la plus répandue est sûrement celle dite " napolitaine" qui apparaît vers 1750 ; tellement caractéristique avec son dos bombé et sa caisse en forme de larme. Elle est munie de 4 cordes doubles en acier, accordées, comme un violon, en quinte : sol, ré, la, mi. Elle se joue avec un plectre ou médiator qui est un petit onglet désormais en plastique mais qui peut être en écaille ; il permet de faire vibrer les cordes et, dans le cas de la mandoline, d’exécuter les trémolos typiques de l’instrument.

Son histoire se confond avec les évolutions des goûts artistiques des cours de France et surtout italiennes des XVII et XVIII èmes siécles. C’est Gabriele Leone, mandoliniste et violoniste italien qui a probablement fait le plus pour sa reconnaissance en France grâce notamment à sa Méthode Raisonnée pour mandoline de 1768 qu’il dédie au futur Philippe-Égalité. La virtuosité de Leone était incomparable : elle demande parfois l’exploit de jouer deux notes différentes sur une même paire de cordes ; il faudra attendre la fin du XXème pour que des instrumentistes reprennent cette technique.

Après la Révolution Française, l’instrument subit une éclipse dans notre pays et même en Italie où il n’est plus utilisé que dans la région de Florence. En revanche son utilisation se répand en Allemagne, en Bohème et à Vienne comme en témoignent les pièces pour mandoline et clavecin et un concerto de 1799 composés à Prague par Hummel, ainsi que la sonate pour mandoline et piano de Beethoven.

Au début du XIXème la mandoline disparaît presque totalement en tant qu’instrument « noble » pour ne plus servir que la musique populaire italienne. Il faudra attendre le début du XXème et, assez paradoxalement, l’émigration italienne vers l’Europe du Nord, pour voir éclore de nombreux ensembles qui pratiqueront l’instrument à des fins de détente. En France, en Allemagne notamment et dans toute l’Europe les pratiquants se comptent alors par millions. Ces ensembles à leur tour disparaitront après guerre faute de s’être adaptés à la mode venue des USA. Ce n’est que depuis quelques années, avec la vogue de la musique baroque notamment, que des artistes, issus de la formation classique, feront redécouvrir la mandoline et ses nombreuses déclinaisons comme la mandole ou le mandoloncelle. Mais c’est surtout d’Allemagne que vient le regain d’intérêt pour la mandoline avec des compositeurs comme Wolki, Ambrosius, Behrend ou Gal qui écrivent dans un style allant du néo-classissisme au contemporain le plus novateur. Au Japon également, l’intérêt pour la Mandoline est très marqué dans le droit fil de la passion de ce pays pour la musique classique européenne mais aussi parce que la mandoline rappelle de nombreux timbres d’instruments traditionnels japonais. La France également participe activement avec son propre style à ce renouveau : c’est dans ce mouvement que s’inscrit le Festival International de Mandoline de Castellar.